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Les Haïtiens en Martinique

vendredi 29 décembre 2006

une immigration de proximité

Aux Antilles, l’entrée des immigrés (en particulier ceux originaires d’Haïti et de République dominicaine) sur le territoire national se fait en effet en grande partie par Saint-Martin, du fait de politiques de visas divergentes entre la partie française et la partie néerlandaise de l’île et de l’absence de contrôle à cette frontière.

En 2005, les immigrés représenteraient moins de 2 % de la population, contre 1,4 % en 1999 et 1,3 % en 1990. La présence des immigrés natifs de Sainte- Lucie et d’Haïti se confirme : 6 immigrés sur 10 proviendraient désormais de ces deux pays, contre 55 % en 1999... Caractérisée par une immigration de proximité, la Martinique compte presque un tiers d’immigrés natifs de Sainte-Lucie. Un autre quart des immigrés proviennent d’Haïti, conséquence des crises économiques et politiques que traverse ce pays.

Un quart des immigrés sont natifs d’Haïti

Avec 1 300 personnes, soit 25 % des immigrés, les Haïtiens représentent la seconde communauté immigrée de Martinique. L’immigration en provenance de ce pays, le plus pauvre de la Caraïbe, a débuté au milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie dans les années 1980 du fait des troubles politiques en Haïti : plus de 6 immigrés haïtiens sur 10 sont arrivés entre 1970 et 1989. La situation politique et sociale, toujours difficile dans les années 1990, a amené plus de 300 immigrés en Martinique au cours de cette période. D’abord masculine, l’immigration haïtienne s’est ensuite féminisée lors de la dernière décennie : de 48 % de femmes en 1990 à 52 % en 1999. Alors que le nombre de femmes augmente de 20 %, l’effectif d’hommes stagne à 600 personnes. Environ 30 % des immigrés haïtiens ont obtenu la nationalité française.

30% des Haïtiens ont acquis la nationalité française

Les natifs d’Asie sont nombreux à avoir acquis la nationalité française (56 %), tout comme les immigrés de Sainte-Lucie (44 %). Arrivés en Martinique plus récemment, les natifs d’Haïti ne sont ainsi que 30 % à la posséder.

4 % des Haïtiens ont un diplôme de niveau supérieur au bac

Le niveau scolaire des immigrés dépend de leur parcours migratoire, et notamment de leur âge à l’arrivée en France. Il dépend aussi de la qualité du système scolaire et des taux de scolarisation dans leurs pays d’origine, ainsi que des caractéristiques socioculturelles des populations migrantes. Les immigrés haïtiens, d’origine francophone et d’immigration ancienne, sont peu diplômés : 77 % n’ont aucun diplôme, et à peine plus de 4 % ont un diplôme de niveau supérieur au bac. Les originaires de Sainte- Lucie sont dans une situation similaire : 80 % n’ont aucun diplôme, et seuls 3 % sont diplômés du supérieur. Cependant, une centaine de diplômés du supérieur sont issus de ces deux communautés.

Environ 700 immigrés de moins de 25 ans étaient scolarisés en Martinique en 1999. Leur taux de scolarisation, de près de 67 %, est inférieur de 11 points au taux régional. Cet écart est même de 13 points pour les Saint-Luciens et les Haïtiens. À l’inverse, pendant la scolarité obligatoire (6 à 16 ans), les jeunes immigrés haïtiens sont très largement scolarisés. Les filles issues de l’immigration sont moins fréquemment scolarisées que les garçons.

60 % des Haïtiens sont au chômage

Quand ils travaillent, les immigrés non diplômés occupent pour la plupart des emplois salariés et peu qualifiés. En majorité, ils sont plus exposés à la précarité, en particulier les femmes et les jeunes. Le chômage y est bien plus élevé que dans le reste de la population. Ces difficultés concernent avant tout les natifs d’Haïti et de Sainte-Lucie : les autres ont un taux de chômage de moins de 20 %, largement inférieur à la moyenne régionale.

60 % des Haïtiens sont au chômage, faisant ainsi de cette communauté la plus touchée. Les immigrés de Sainte-Lucie sont également très exposés, avec un taux de chômage de 54 %. Ces deux communautés réunies représentent 55 % des actifs immigrés mais comptent pour 70 % des chômeurs. Le taux de chômage des autres immigrés, inférieur à 20 %, est largement inférieur à la moyenne régionale.

Les hommes sont principalement ouvriers, artisans ou commerçants (62 %) et les femmes majoritairement employées (43 %). Les agriculteurs exploitants représentent 4 % des actifs. Presque tous (97 %) sont Haïtiens ou Saint-Luciens. Ces derniers occupent plutôt des métiers d’ouvriers (47 %) et d’employés (37 %). En revanche, les Haïtiens sont plus souvent artisans commerçants (30 %) ou ouvriers (30 %) qu’employés (16 %). Environ 210 immigrés sont cadres ou occupent des professions intellectuelles supérieures (ingénieurs, médecins, etc.). 19 % des originaires d’Haït ou de Sainte-Lucie occupent des métiers de cette catégorie, soit deux fois plus qu’en moyenne régionale.

Environ 43 % des femmes occupent emplois précaires

Elles occupent des métiers de faible qualification comme employées de maison, femmes de ménage chez des particuliers, serveuses et commis de restaurant ou encore professionnelles du nettoyage ou gardiennes d’enfants. Plus de 21 % travaillent dans le commerce de détail, 17 % occupent des professions intermédiaires et 11 % sont ouvrières. Elles travaillent majoritairement dans le secteur tertiaire (66 %) et le commerce (21 %). Les hommes sont présents dans les domaines d’activité traditionnellement masculins comme l’agriculture ou la construction mais aussi dans le commerce. Ils sont vendeurs, ouvriers agricoles, maçons, mais aussi médecins hospitaliers. Sources : Atlas des populations immigrées en Martinique, Édition 2006 (réalisé dans le cadre d’une convention entre l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee) et l’Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des chances (l’ACSE).


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